Marcher ou pédaler pour ses trajets du quotidien n'est pas qu'un geste écologique. C'est l'une des préventions les plus efficaces et les plus accessibles qui soient. Cette page rassemble les études sur lesquelles nous nous appuyons.

Anses (2022)
Avis relatif à l'évaluation des risques liés aux niveaux d'activité physique et de sédentarité des adultes de 18 à 64 ans, janvier 2022.
L'Agence nationale de sécurité sanitaire a mesuré la part des adultes français exposés à un risque pour leur santé, en croisant leur niveau d'activité physique et leur temps passé assis. Ses seuils sont exigeants : ils supposent de cumuler plusieurs types d'activité, d'où un constat plus sévère que d'autres études. L'Anses recommande de promouvoir la mobilité active.
Les chiffres à retenir
- 95 % des adultes sont exposés à un risque pour leur santé, par manque d'activité physique ou par excès de temps assis.
- Seuls 5 % des adultes ont une activité physique suffisante pour être protectrice.
- 70 % des femmes n'atteignent aucun des seuils d'activité recommandés, contre 42 % des hommes.
- Plus d'un tiers des adultes cumulent temps assis élevé et activité physique insuffisante.

Strain et al., The Lancet Global Health (2024)
National, regional, and global trends in insufficient physical activity among adults from 2000 to 2022. Étude menée avec l'OMS.
Cette étude mondiale, la plus vaste à ce jour, mesure la part des adultes qui n'atteignent pas les recommandations de l'OMS. Le constat est que l'inactivité progresse. Pour l'OMS, inverser la tendance passe par des environnements qui rendent la marche et le vélo plus faciles et plus sûrs au quotidien, et pas seulement par les choix individuels.
Les chiffres à retenir
- 31 % des adultes dans le monde, soit 1,8 milliard de personnes, sont insuffisamment actifs (2022), 5 points de plus qu'en 2010.
- 35 % d'adultes insuffisamment actifs prévus en 2030 si la tendance se poursuit.
- Les femmes sont plus touchées que les hommes (34 % contre 29 %), et les plus de 60 ans sont moins actifs que les autres adultes.

Lee et al., The Lancet (2012)
Effect of physical inactivity on major non-communicable diseases worldwide: an analysis of burden of disease and life expectancy.
Cette étude mondiale estime la part des grandes maladies chroniques et des décès qui seraient évités si les personnes inactives devenaient actives, pays par pays. C'est la référence la plus citée pour mesurer le poids de l'inactivité physique sur la santé mondiale.
Les chiffres à retenir
- 9 % des décès prématurés dans le monde sont dus à l'inactivité physique, soit plus de 5,3 millions de décès sur 57 millions (année 2008).
- L'inactivité cause 6 % des maladies coronariennes, 7 % des diabètes de type 2 et 10 % des cancers du sein et du côlon.
- Réduire l'inactivité d'un quart seulement éviterait plus de 1,3 million de décès par an.

France Stratégie, CGDD et SGPI (2022)
L'évaluation socioéconomique des effets de santé des projets d'investissement public.
Ce rapport interministériel donne aux porteurs de projets publics une méthode pour chiffrer les effets de santé. La marche et le vélo pour se déplacer y comptent explicitement comme de l'activité physique. Son outil estime ce que la société éviterait si les adultes insuffisamment actifs atteignaient les recommandations de l'OMS. C'est la référence nationale pour valoriser les effets de santé d'un aménagement ou d'une politique publique.
Les chiffres à retenir
- Seuls 61 % des adultes atteignent les recommandations de l'OMS : 53 % des femmes et 71 % des hommes.
- 140 Md€ par an : le coût social de l'activité physique insuffisante chez les 20-74 ans sans maladie chronique.
- Plus de 38 000 décès et 62 000 maladies par an attribuables à cette insuffisance.
- 840 €/an pour une personne de 20 à 39 ans, 23 275 €/an pour une personne de 40 à 74 ans : le coût évité quand une personne inactive devient active et le reste.
- Une personne sans aucune activité physique a un risque de décès 1,5 à 2,5 fois plus élevé.

Ministère des Sports, note d'analyse n°11 (2018)
Activité physique et sportive, santé et qualité des finances publiques. Direction des sports.
La Direction des sports estime le coût de l'inactivité physique pour la collectivité en transposant à la France une étude autrichienne (SportEconAustria) portant sur 12 pathologies. La note présente ce chiffrage comme une première approche : c'est un ordre de grandeur, centré sur les dépenses de santé.
Les chiffres à retenir
- 16,7 Md€ par an : le coût direct de l'inactivité physique en France, dont 13,4 Md€ de dépenses de santé. En comparaison à l'étude "France Stratégie, CGDD et SGPI (2022)", cette étude se limite aux coûts directs (soins, invalidité ...) et ne prend pas en compte la valeur économique des vies perdues.
- Trois pathologies représentent la moitié de ce coût : diabète de type 2 (18,6 %), mal de dos (17,4 %) et troubles du métabolisme (14,5 %).
- 7,7 Md€ par an : l'économie nette maximale si toute la population devenait active, une fois déduits les coûts liés à la pratique (blessures, accidents).

Organisation mondiale de la santé (2020)
Lignes directrices de l'OMS sur l'activité physique et la sédentarité.
L'OMS fixe les niveaux d'activité physique recommandés à chaque âge. Elle rappelle que toute activité compte, y compris les déplacements à pied, en roller et à vélo, que toute quantité vaut mieux que rien et que plus, c'est mieux. Une sédentarité excessive augmente à elle seule le risque de maladies cardiaques, de cancer et de diabète de type 2.
Les chiffres à retenir
- Adultes : 150 à 300 minutes d'activité d'intensité modérée par semaine, soit au moins 30 minutes, 5 jours par semaine. C'est le seuil que nous retenons pour les trajets du quotidien.
- Enfants et adolescents (5-17 ans) : 60 minutes par jour en moyenne.
- L'activité physique régulière aide à prévenir les maladies cardiaques, le diabète de type 2 et le cancer, responsables de près des trois quarts des décès dans le monde.

Ministère de la Santé (2026)
Activité physique, sédentarité et santé. Page mise à jour le 29 juin 2026.
Le ministère rappelle que la sédentarité, c'est-à-dire le temps passé assis ou allongé, y compris dans les déplacements motorisés, est un risque à part entière : une activité physique régulière ne suffit pas à la compenser, il faut à la fois bouger plus et rester moins assis. La Stratégie nationale Sport-Santé 2025-2030 décline 12 mesures, dont la promotion de l'activité physique en entreprise et l'accès à l'activité physique adaptée pour les malades chroniques.
Les repères à retenir
- Au moins 30 minutes d'activité physique dynamique par jour pour les adultes, comme la marche rapide, et 60 minutes pour les enfants et adolescents.
- Plus de 8 heures assis par jour exposent à un risque pour la santé : se lever et marcher quelques minutes au moins toutes les heures.
- Les kinésithérapeutes peuvent renouveler une prescription d'activité physique adaptée, sauf avis contraire du médecin.

Ekelund et al., The Lancet (2016)
Does physical activity attenuate, or even eliminate, the detrimental association of sitting time with mortality? Méta-analyse de 16 études portant sur plus d'un million de personnes.
Cette étude montre qu'une activité physique suffisante peut compenser le surrisque de décès lié à la position assise prolongée, ce qui concerne directement les salariés de bureau. Elle ne compense en revanche qu'en partie le temps passé devant la télévision.
Les chiffres à retenir
- 60 à 75 minutes d'activité modérée par jour semblent annuler le surrisque de décès lié à plus de 8 heures assis par jour. C'est un résultat d'étude, pas une recommandation de l'OMS.
- Plus de 3 heures de télévision par jour restent associées à une mortalité accrue, sauf chez les plus actifs, pour qui le surrisque n'apparaît qu'au-delà de 5 heures.

Celis-Morales et al., BMJ (2017)
Association between active commuting and incident cardiovascular disease, cancer, and mortality: prospective cohort study.
Cette étude de l'université de Glasgow a suivi pendant 5 ans plus de 264 000 actifs britanniques selon leur mode de déplacement domicile-travail. C'est l'une des plus grandes études sur la santé et les trajets du quotidien. Ses résultats sont des associations, qui tiennent après prise en compte du tabac, de l'alimentation et du poids.
Les chiffres à retenir
- Aller au travail à vélo : 41 % de risque de décès prématuré en moins, 45 % de cancers en moins et 46 % de maladies cardiovasculaires en moins, par rapport à un trajet en voiture ou en transports en commun.
- Aller au travail à pied : 27 % de maladies cardiovasculaires en moins et 36 % de décès d'origine cardiovasculaire en moins.

SDES, Enquête mobilité des personnes (2019)
Comment les Français se déplacent-ils en 2019 ? Résultats de l'enquête mobilité des personnes, septembre 2020.
Réalisée tous les dix ans par le service statistique du ministère de la Transition écologique et l'Insee, cette enquête est la référence nationale sur les déplacements du quotidien. Elle montre que la voiture domine toujours, que le vélo stagne, mais que la marche peut devenir le premier mode quand l'espace public s'y prête.
Les chiffres à retenir
- 62,8 % des déplacements se font en voiture, 23,7 % à pied et seulement 2,7 % à vélo, une part qui n'a pas progressé depuis 2008.
- 40 % des trajets en voiture font moins de 5 km.
- Dans les espaces ruraux, la voiture est utilisée pour 4 déplacements sur 5.
- Dans l'agglomération parisienne, la marche est devenue le premier mode de déplacement (38 %), devant la voiture (33 %).

Insee, Insee Première n°1835 (2021)
La voiture reste majoritaire pour les déplacements domicile-travail, même pour de courtes distances. Janvier 2021.
À partir du recensement de 2017, l'Insee mesure comment les actifs se rendent au travail selon la distance. Le constat montre le potentiel inexploité des trajets courts : même à quelques kilomètres, la voiture domine.
Les chiffres à retenir
- 74 % des actifs vont travailler en voiture ; seuls 8 % y vont à pied (6 %) ou à vélo (2 %).
- Pour un trajet de moins de 5 km, la voiture reste utilisée dans 60 % des cas.
- La moitié des actifs habitant à moins d'un kilomètre de leur travail y vont en voiture.

ADEME, infographie (2026)
Comment se déplacer autrement et moins cher ? Collection Clés pour agir, avril 2026.
Cette infographie grand public de l'ADEME et du gouvernement rassemble les chiffres clés des déplacements du quotidien, avec leurs sources. Elle montre qu'une grande part des trajets en voiture est assez courte pour la marche ou le vélo, et que la voiture pèse lourd sur le budget.
Les chiffres à retenir
- 40 % des trajets en voiture en semaine font moins de 5 km (SDES, Enquête mobilité des personnes 2019).
- La marche est adaptée jusqu'à 2 km, le vélo classique ou électrique jusqu'à 10 km.
- 3 763 € par an : le budget moyen d'une voiture (ADETEC, 2024), contre un peu plus de 600 € pour un vélo neuf.
- Objectif national : 12 % des déplacements à vélo en 2030, contre 3 % aujourd'hui.

ADEME (2025)
Mobilité à pied et bilan socio-économique de la marche. Étude ADETEC pour l'ADEME, septembre 2025.
Première évaluation complète de la marche en France : sa pratique réelle et ses effets sur la santé, les finances publiques et les entreprises.
Pour les collectivités, les chiffres à retenir
- 57 Md€ par an : le bénéfice des politiques en faveur des déplacements à pied, dont 17 Md€ pour la santé.
- 7,5 Md€ par an d'économies de voirie (aménagement et entretien) grâce aux déplacements à pied.
- Environ 35 Md€ de bénéfice supplémentaire si la part des déplacements à pied passait de 24 % à 30 %.
Pour les entreprises, les chiffres à retenir
- 123 Md€ par an : ce que la marche apporte aux employeurs en efficience de leurs salariés, dont 95 Md€ de productivité, 19,6 Md€ d'absentéisme évité et 8,2 Md€ de turn-over évité.
- 1,5 jour d'absentéisme en moins par salarié et par an.
- +3,3 % de productivité en moyenne grâce à la marche.

Inserm, expertise collective (2019)
Activité physique : prévention et traitement des maladies chroniques.
Treize chercheurs ont analysé près de 1 800 publications sur l'activité physique chez les personnes atteintes de maladies chroniques : diabète, maladies cardiovasculaires, cancers, BPCO, dépression… Pour eux, la nécessité de prescrire une activité physique régulière et adaptée à ces patients ne fait plus débat. Elle doit trouver sa place dans le parcours de soins.
Les chiffres à retenir
- De 29 à 41 % de mortalité précoce en moins chez les personnes régulièrement actives.
- Diabète de type 2 : 30 à 40 % de mortalité en moins chez les patients actifs.
- Maladie coronaire : la réadaptation par l'activité physique réduit la mortalité de 26 % et les réhospitalisations de 31 %.
- Une ordonnance écrite d'activité physique a deux fois plus de chances d'être suivie qu'un simple conseil oral.

Haute Autorité de santé (2019)
Prescription d'activité physique et sportive : dépression. Référentiel, juillet 2019.
La HAS précise aux médecins comment prescrire l'activité physique aux patients atteints de dépression. Pour une dépression légère à modérée, un programme d'activité physique adaptée peut être proposé seul, en première intention. La marche, facile d'accès et avec peu de contre-indications, a un effet reconnu sur les symptômes dépressifs.
Les chiffres à retenir
- Dépression légère à modérée : 3 mois d'activité physique adaptée (endurance et renforcement musculaire) sont aussi efficaces qu'un antidépresseur ou une psychothérapie.
- Moins de récidives 6 mois après la fin du traitement chez les patients traités par l'activité physique seule.
- La recommandation : marcher, monter les escaliers tous les jours, et au moins 30 minutes de marche ou de vélo à intensité modérée, 3 jours par semaine minimum.

Poirel, Santé mentale au Québec (2017)
Bienfaits psychologiques de l'activité physique pour la santé mentale optimale. Vol. 42, n°1.
Cette revue, menée par l'Université de Montréal, rassemble les études sur les effets psychologiques de l'activité physique. Une seule séance apaise le stress et l'anxiété et améliore l'humeur. Pratiquée régulièrement, l'activité physique renforce aussi l'estime de soi, la concentration et la mémoire.
Les chiffres à retenir
- 20 minutes de marche rapide suffisent à améliorer l'humeur pendant 2 à 7 heures.
- 30 % de risque de dépression en moins chez les personnes pratiquant environ 4 heures d'activité modérée par semaine.
- Des effets durables sur la santé mentale dès 8 semaines de pratique régulière (20 minutes, 3 à 5 fois par semaine).

Revue ADSP du HCSP, n°114 (2021)
Le sport : nouvelle thérapeutique des maladies chroniques du XXIe siècle ? Dossier de la revue Actualité et dossier en santé publique, juin 2021.
Dans ce dossier de sa revue, le Haut Conseil de la santé publique donne la parole à des médecins et chercheurs sur les bienfaits de l'activité physique selon l'âge et l'état de santé. Un message ressort pour la mobilité active : toutes les formes d'activité comptent, y compris les déplacements du quotidien, et pas seulement le sport.

Carbone 4 et projet KinéCO2
Le projet KinéCO2 (2025-2026) réunit plusieurs URPS de masseurs-kinésithérapeutes. Il déploie un outil gratuit de mesure de l'empreinte carbone des cabinets et étudie une centaine de cabinets en France.
Les chiffres à retenir
- 70 à 80 % de l'empreinte carbone des cabinets médicaux vient des trajets des patients et des kinés.

